Le site préhistorique de Perponcher

Le site préhistorique de Perponcher- commune de Propiac – Drôme

Au croisement des routes départementales D 147 et D 523 s’élèvent en éventail les marnes de Perponchersur la commune de Propiac. Ces marnes noires et feuilletées interpellent tous les regards et il n’est pas rare d’y rencontrer, marteau en main, des élèves en géologie avec leur professeur, des promeneurs curieux ou des photographes attirés par les jeux de lumières des ravins.

Le passage en col à ce croisement distribue le partage des eaux vers l’Ouvèze au levant via le ruisseau du Rieu de l’Aval et au couchant par le ruisseau des Jonchiers, affluent de gauche l’Ayguemarce.

Le site archéologique de Perponcherse trouve donc sur la voie naturelle de ces cours d’eau qui relient via les cols de Vote etde Milmandreles deux principales rivières du Sud de la Drôme : l’Ouvèze et l’Aygues.

Le toponyme de Perponcherviendrait, selon les frères Catelan dePer Pouet qui signifierait Pré pointu. De nos jours, le terme même de Perponcher n’est plus connu, ni utilisé.

Reste cependant dans la mémoire collective le terme de Grand Pré, à une époque déjà ancienne où, les troupeaux de chèvres et de moutons se contentaient d’une végétation rare parmi les profonds ravins décharnés et déchiquetés de la station.

Ce passage, position géographique sans nul doute stratégique, fut de tout temps très emprunté. Sur place et alentours, la répartition et le positionnement des multiples sites archéologiques de la lointaine préhistoire jusqu’aux périodes historiques : établissements gallo-romains, mottes féodales, châteaux, chemins de transhumance ou refuges de la Résistance confirment de l’intérêt réel de ces itinéraires.

Les gallo-romains ont laissé les traces de quatre fours tuiliers disséminés dans les marnes de ce site ; ce qui implique des ressources abondantes en bois, terre argileuse et bien sûr en eau.

Aujourd’hui encore, une source jaillit épisodiquement au passage de ce col (col de Beauvoisin) et, le petit hameau des Jonchiers (étymologiquement : joncs) évoque en lui-même de l’abondance de ce bien précieux.

L’aspect géologique du site a été décrit en 1925 par les frères Catelan comme :

« La plus haute terrasse visible constituait le fond de la vallée primitive avant le premier creusement inter-glaciaire. Les petits plateaux de Perponcher et de Mange-Lièvre continuaient le profil doux des pénéplaines de St Denis, Proyas et Beauvoisin. »

Dans l’un de leurs « carnets de notes préhistoriques », ils proposent même un croquis simplifié de la « Station de Perponcher à Pré chauvin. »

Cette haute terrasse ou plateau a subi plusieurs cycles d’érosions, de ravinements, de colluvionnements. Par ailleurs, nous pouvons affirmer que les gros blocs de rochers récemment délogés du sommet des deux principales buttes marneuses à grands coups de bulldozer ont pour origine des décrochements issus de la montagne de La Beaume Noire.

C’est précisément sur ces buttes, restes de terrasses, que se révèlent les reliquats des zones d’occupations préhistoriques de Perponcher; l’actuel cycle d’érosion emportant vers les ruisseaux du Rieu de l’Avalou celui des Jonchiersle mobilier archéologique de ces lointains occupants.

Le Docteur Claude Bernard, du Buis, enfant, qui connut les frères Catelan pour les avoir accompagnés dans leurs prospections dès 1919, écrira en 1982 dans le bulletin de l’association : « les Amis du Buis et des Baronnies »que le site de Perponcherrecèle par endroit :

« …de nombreuses venues (affleurements de trainées blanchâtres)de sels qui ont certainement attiré les préhistoriques. »

Si au travers leur publication de 1925, Auguste et Louis Catelan, décrivent de façon détaillée et remarquable le cadre géologique du site, ils restent cependant très « discrets » sur le positionnement de leurs sondages et de leurs découvertes :

                                              « Quoique toutes les collines et leurs soubassements ne semblent former qu’une grande station préhistorique, la variété de leur industrie lithique nous force à établir des sous-stations »……dont la butte marneuse voisine dite de L’inguintière aujourd’hui réduite à un pan rachitique.

Le Docteur Claude Bernard reconnaîtra lui-même :

« Nous ne connaissons que très imparfaitement les travaux effectués par les Catelan sur le terrain. »

À l’époque des frères Catelan, la « Station de Perponcher »représentait un vaste site archéologique. Aujourd’hui après les multiples remodelages dû aux travaux agricoles, elle s’étend néanmoins sur prèsde 400 m de long et environ de 250 m de large, les vestiges archéologiques y étant devenus extrêmement rares.

En 1945, d’autres préhistoriens, comme Messieurs Gagnière, Gauthier, Héritier, Veyrier s’intéresseront aux lieux mais, aucune autre mention de découverte nouvelle ne sera faite.

Le professeur H. de Lumley, en 1962 et 1969, visitera à son tour le site en compagnie du Docteur Claude Bernard mais, ce n’est qu’en 1980 que M. Maurice Paccard alors correspondant régional de la Direction des Antiquités Préhistoriques retrouvera, dans les réserves du Musée Calvet d’Avignon, le mobilier récolté par les frères Catelan sur le site de Perponcher.

Cette « re-découverte » fera l’objet d’une publication signée Maurice Paccard et Claude Bernard.

Au cours des années 2002/2005, alors qu’un bulldozer modifiait de nouveau la morphologie du site, l’un d’entre nous synthétisait pour le compte du Service Régional de l’Archéologie de la Région Rhône-Alpes, l’ensemble des découvertes passées et récentes. De nombreuses séances de prospection pédestre et une reprise de l’étude du mobilier anciennement récolté ont enrichi de nouvelles données archéologiques la chronologie de l’occupation de ce site.

Nous pouvons donc aujourd’hui confirmer, pour les différentes périodes préhistoriques, que ces marnes austères furent occupées sinon fréquentées du Paléolithique Moyen au Néolithique en passant par les phases terminales du Paléolithique Supérieur, soit un espace temps long de plus de 40 000 années représentait par plusieurs milliers pièces essentiellement constituées de silex taillés.

Reste pourtant une question. Que pouvons nous entrevoir, imaginer, concernant le volume des témoins archéologiques disparus, emportés, dispersés, depuis des temps immémoriaux par les pluies torrentielles ravinant ces marnes abruptes ?

Il n’est point difficile d’admettre que le site de Perponcherest certainement le plus imposant lieu pluri-culturel préhistorique connu à ce jour dans le moyen bassin de l’Ouvèze et ce uniquement ou presque à partir de collectes de surface.

D’ailleurs, les frères Catelan eux-mêmes écrivaient dans le Bulletin de la Société d’Archéologie et de Statistique de le Drôme en 1914 :

« On trouve des silex de Sans-Regret à Perponcher en passant par St Denis, Ferrus, Proyas, mais surtout à Perponcher »etconcluaient en disant :

« En somme notre station est du plus grand intérêt pour la géologie et la préhistoire par sa situation et son industrie. »

BIBLIOGRAPHIE

ANDRÉ, P., 2005 « Les sites préhistoriques de Perponcher »Rapport de prospections SRA Région Rhône-Alpes 25 pages

ANDRÉ, P., 2005 « À propos des fours tuiliers romains de Perponcher – commune Propiac – Drôme »Rapport SRA Région Rhône-Alpes 4 pages

BERNARD, C., Docteur, 1982 « les amis du Buis et des Baronnies »Bulletin n° 41, 3eTrimestre, et « Les cahiers drômois » n° 7

CATELAN, L., et A., 1914 « Le Préhistorique au Buis-les-Baronnies »etExtrait d’une lettre adressée à Mgr Charles Bellet, Président, inBulletin de la Société d’Archéologie de la Drôme. Tome XLVIII, pp. 214-226.

CATELAN, L., et A., 1925 « Station Aurignacienne de Perponcher »Extrait du Bulletin de la Société d’Archéologie de la Drôme Tome LIX, pp. 72-80.

GALLICIAN, A., 1978 « Atlas Préhistorique du Midi méditerranéen. Feuille de Nyons », n° 64 Station de l’Inguintière et n° 65 Station de Perponcher, pp.49-50,  Edition CNRS

PACCARD, M., et BERNARD, C., Docteur 1980 « Station de Perponcher à Propiac Drôme »fasc. 18 Nouvelles Archives Musée Guimet Lyon 1980, pp 41-56.

SOURCES DOCUMENTAIRES et ARCHIVES

  • Service des archives de Buis-les-Baronnies
  • CD Rom Archives Catelan Fonds Arlaud du « Gardenotes Baronniard »2001
  • J.C., 2018 : Catalogue Inventaire collections Pierre André. Dépôt Couvent des Ursulines Buis-les-Baronnies.75 pages.
  • Musée Calvet -Avignon.

 

 

 

 

 

 

 

Les Ayguiers et le Châtelard de Mollans-sur-Ouvèze

Les abris des Ayguiers se nichent dans la barre rocheuse qui supporte la colline du Châtelard. Cette colline fût formée par les dépôts successifs de sédiments burdigaliens charriés par les flux et reflux des différentes mers miocènes, il y a environ 23 millions d’années. La paléo Durance (Montenat et al, 2000) et probablement L’Ouvèze entailleront beaucoup plus tard cette masse rocheuse et créeront cette enfilade d’abris.

Les frères Louis et Auguste Catelan (Catelan, Archives), pionniers de la préhistoire locale, seront les premiers à parcourir ces grottes pour y découvrir des éléments d’occupations humaines pré et protohistoriques. Ils collecteront une très belle industrie lithique du Néolithique Moyen (environ – 4500/-3500 a.v. J.C) : lames, lamelles, nucléus et, quelques reliquats de faune dont des dents de castors. Le matériau siliceux est d’une très grande fraicheur de préservation, identifiable au silex « blond » de la combe de Leaunier à Veaux. L’industrie céramique découverte par les frères buxois est plus tardive avec ses décors incisés en V ou lignes parallèles, attribuable au Chalcolithique/Bronze Ancien, soit environ – 2500 a.v. J.C.

En 1983, le Docteur Claude Bernard de Buis-les-Baronnies mentionne le site des Ayguiers dans un article paru dans les Cahiers Drômois. Il semble avoir effectué quelques prospections et ramassages de surface sur ce site :« lame de silex type feuille de saule dans les grottes de l’Ayguier »,mais le matériel n’a malheureusement pu être retrouvé. (Bernard, 1983).

Implanté à 581 m de hauteur, l’oppidum du Châtelard, en surplomb des bassins de Mollans-sur- Ouvèze et de Pierrelongue, domine et verrouille la moyenne vallée de l’Ouvèze. Il est également signalé pour la première fois en 1983 par le Docteur Claude Bernard.

Cette implantation de hauteur a fait l’objet d’une première étude publiée par Yves Girard dans la revue « Terres Voconces n° 7 »(Girard, 2005). Ce dernier y distinguait trois remparts et les attribuait à la Protohistoire, au début des Âges des Métaux. Le site fût ensuite prospecté dans le cadre d’une thématique sur les sites fortifiés de hauteur des Âges du Fer (Serrières/André, 2006).

En 2007, une courte opération de sondages et, de relevés topographiques, permirent un repérage complet des tracés des différents remparts ; les sondages apportant quelques éléments de réponse dans la diachronie d’occupation.

En l’état, le site du Châtelard correspondrait assez bien aux données du Midi de la France. Il intègre la « civilisation des oppida » de la Gaule méditerranéenne occupés de manière oscillatoire, plus particulièrement à partir de – 600 ans a.v. J.C. Un grand nombre de ces oppida est ensuite abandonné, entre les IVet IIIsiècles av. J.-C.

Le Châtelard n’est pas un site isolé. La moyenne vallée de l’Ouvèze possède d’autres sites de hauteur, naturellement fortifiés et présentant régulièrement des aménagements défensifs créés par la main de l’homme ex : Le flanc Nord du St Julien à Buis les Baronnies et surtout les énormes remparts du Bois d’Aye (alt. 623 m), à Mérindol les Oliviers, compléments indispensables du Châtelard en commandant l’accès à la vallée de l’Ayguemarce, autre itinéraire de circulation. À cela s’ajoutent les sites de hauteur du Vaisonnais dont les Courrens à Beaumes-de-Venise et le Clairier à Malaucène.

Bibliographie

BERNARD, C., (Docteur), 1983 « Les Cahiers Drômois »n° 7, pp.68-70

CATELAN, L., et A., Archives Catelan : CD Rom du Gardenotes Baronniard. Fonds Arlaud 2000 et 2001. Archives communales de Buis les Baronnies.

GIRARD, Y., 2005 « Deux mille ans avant l’histoire » inTerres Voconces n° 7, pp. 39-64

MONTENAT et al, 2000 « La sédimentation miocène au Nord des massifs de Ventoux-Lure (chaînes subalpines méridionales) » in Géologie de la France n° 3, pp. 3-32, 20 fig., 1 tabl.

SERRIERES, L., et ANDRÉ, P., 2006 « Les sites fortifiés de hauteur des âges du Fer dans les Alpes du Nord, départements de la Drôme, de l’Isère et de la Haute Savoie »Rapport de prospections, document SRA Région Rhône-Alpes, 113 pages.

 

Mémoires préhistoriques et protohistoriques  dans la vallée du Toulourenc

 

Mémoires préhistoriques et protohistoriques dans la vallée du Toulourenc

Le Paléolithique Moyen ou la marque des Néandertaliens 

 Les populations paléolithiques s’identifient à des notions de territoires, le pluriel s’imposant de facto, territoires composites reconnus pour leurs diverses ressources naturelles.

Localement, ces populations nous ont laissé des traces de leurs activités sur une haute berge en rive gauche du Toulourenc, le site des Ramières (André, 2006)sur la commune d’Entrechaux et plus largement dans le bassin de Mollans-sur-Ouvèze en divers gisements découverts en prospections et ramassages de surface.

Les traces du Paléolithique Supérieur et du Mésolithique

La reconnaissance des gisements du Paléolithique Supérieur et du Mésolithique apparaît marginale au sein de ce territoire.

Leur distribution spatiale est éparse, souvent limitée à quelques pièces.

La « …station Magdalénienne à Montbrun »ainsi définie par Roger Valentin du Cheylard en 1888 s’avèrera un site néolithique avec l’identification de son mobilier archéologique réétudié par l’Abbé Breuil.
Seul le site du « Pas du Loup »(commune de St Léger-du-Ventoux) propose un possible rattachement au Paléolithique Supérieur avec la découverte, en 2009, de quatre restes humains – deux individus – attribuables à Homo Sapienset des restes fauniques dont « les collectes limitées à un ramassage de surface ne permettent aucune conclusion si ce n’est au vu du contexte karstologique et la fossilisation importante de ces ossements, qu’un âge Pléistocène prévaut »(Crégut-Bonnoure, 2011).

Le Mésolithique a bénéficié d’une opportunité et de méthodes d’investigations actuelles au cours de l’année 2010 sur le gisement du « Cimetière » sur la commune de Brantes. Anciennement diagnostiqué par J. Barrau (Barrau, 1972, 1973) et pour lequel, nous n’avions qu’une localisation approximative, ce site fût redécouvert lors travaux d’aménagements de la route départementale RD 40.

C’est aujourd’hui le seul site post glaciaire du Mésolithique Récent répertorié et fouillé (fouille de sauvetage) dans la vallée du Toulourenc.

La présence d’une lentille cendreuse, longue de  plus de quatorze mètres pour soixante centimètres de puissance environ, composée de 3 niveaux archéologiques, a permis de formaliser l’étendue  approximative du site, de relever la stratigraphie, de juger de la sédimentologie, de récupérer divers types de mobiliers (Brochier/André, 2010) et de découvrir les phalanges d’un squelette humain juvénile (les 2 mains superposées, accompagnées en dépôt sépulcral, de trois lamelles de silex blond), ce qui « lié à proximité des objets de parure [craches de cerf]ajoute un intérêt évident à la collection »(Chauvière, 2011).

Les cultures du Néolithique

L’étude de l’occupation de ce territoire montre une très importante présence pour les périodes culturelles de la Préhistoire Récente, depuis le Néolithique Ancien jusqu’au Néolithique Final. Cette particularité, commune à la micro-région considérée, est à mettre en relation directe avec l’exploitation des immenses gisements de silex du massif du Rissas (flanc nord du Mont Ventoux) et ceux du plateau de Sault. Ce déterminisme géologique a joué un rôle important dans les choix de fréquentation/implantation de cette vallée.

À ce jour, une trentaine de sites sont répertoriés depuis la source de ce cours d’eau jusqu’à son embouchure avec toutefois une concentration évidente dans la cuvette de Veaux (communes de Malaucène et Mollans-sur-Ouvèze).

Si le Néolithique Ancien se limite à quelques « empreintes » sur le site du Moulin à Barret-de-Lioure, le Néolithique Moyen est quant à lui omniprésent dans la vallée.

En remontant le Toulourenc, les espaces reconnus de cette culture se diversifient. Les surfaces assujetties se distinguent par une multitude de terroirs différents, très inégaux en surface comme en richesse archéologique.Le statut de ces sites reste toutefois difficile d’appréhension à l’exemple des différents locus repérés aux environs de la cuvette de Vergol, du site de La Tuilière, (commune d’Aurel), du ravin de Briançon (commune de Reilhanette) ou à Roche Guérinet Ravin de la Cèpesur la commune de Savoillans. Loin de définir de réels sites, ces terroirs apparaissent ainsi marqués par des occupations et/ou des fréquentations systématiques, ordonnées, au regard de leurs atouts naturels.

Le Néolithique Final et le Chalcolithique trouvent essentiellement leurs repères archéologiques en mode sépulcral, reconnu en petites cavités naturelles à l’exemple de celle, haut perchée et d’accès scabreux, en dessus la chapelle de Notre Dame des Anges (Gallician, 1978 n° 5 – commune de Mollans-sur-Ouvèze), probablement de celle aussi de la Grotte duRavin de Roche Vieille à Reilhanette (Gallician, 1978 n° 122) ou desépultures dans des chaos d‘éboulis en bas de pente(le Géas à Montbrun-les-Bains) ou bien encore des cavités anthropiques, tels les hypogées du Perpétairide Mollans-sur-Ouvèze qui furent les premières à faire l’objet d’investigations.

Les Âges du Bronze

La forte anthropisation de cette vallée renvoie une fois de plus à des récurrences d’occupations/fréquentations de lieux où se côtoient les témoins archéologiques du Néolithique Final/Chalcolithique avec ceux des Âges du Bronze.

Les Âges du Bronze sont essentiellement riches en mobiliers céramiques à décors digités, mais aussi avec la découverte (grotte Levant de Leaunier– commune de Malaucène) des deux valves d’un même moule portant sur ses deux faces les empreintes gravées de haches à ailerons associées à un couteau à soie pour une face et une aiguille pour l’autre (Catelan, 1920), de pointes de flèche dont une fichée dansun sternum de chamois, dans l’Aven du Vieux Chamois, commune de Brantes (Crégut-Bonnoure, 2005).

Protohistoire

Concernant la période protohistorique (à partir de 750 ans av J.C), nous retiendrons ces trois témoignages :

  • Le descriptif visuel, le seul connu à ce jour, d’une des fameuses « sculptures monstrueuses salyennes »découverte à Roche Guérin, commune de Savoillans, une « tête de lion dévorant, la gueule ouverte. La mâchoire inférieure a disparu. La crinière est ordonnée, sur le sommet de la tête et sur la nuque, en grosses ondulations »(Fernand Benoit, 1955).
  • « La grotte de l’éléphant d’Hannibal » (commune de Mollans-sur-Ouvèze), où selon les termes mêmes de Paul Belin, 1984, le découvreur, était tracé probablement au charbon de bois, sur une coulée stalagmitique, « Un [l’éléphant]est tourné vers l’entrée… en contour sobre. L’oreille, figurée, est celle d’un éléphant d’Afrique. L’œil est dessiné par un angle dont l’ouverture est dirigée vers le bas. L’extrémité de la trompe est enroulée. Les défenses ne sont pas représentées ».

À quelques pas de là, un ensemble de dessins du même trait figuraient deux scènes plus     complexes représentant des personnages et des animaux très fortement stylisés, en « personnages bâtons ». Selon ce même auteur, ils évoquaient un « couple homme-animal saisi en plein mouvement […], l’homme poussant devant lui un probable bovidé », un « animal porteur avec conducteur ».

  • Une pointe de flèche du groupe des pointes en tôle, de type du Bourget, Âges du Fer, découverte elle aussi dans un aven du flanc nord u Mont Ventoux (Crégut-Bonnoure, 2005).

 BIBLIOGRAPHIE

 ANDRÉ, P., 2016 « Un éléphant dans le Toulourenc » inLes Carnets du Ventoux n°90, pp. 16-18.

 BARTHELÉMY, A., 1981 Groupement Archéologique Mâconnais. Bulletins trimestriels n° 2. 1981 et n° 1 et 2. 1983.

BARTHELÉMY, A., 1952-1956 Extrait du « Bulletin de la Société d’Etude des Sciences Naturelles de Vaucluse »,16 pages.

BELIN, P., 1984 « L’art schématique du Mont Ventoux, la grotte peinte du Levant de Leaunier » in Bulletin d’Études Préhistoriques Alpines, Tome XVI, pp. 141146.

BELIN, P., 1977 « La grotte de l’éléphant d’Hannibal. L’Art Pariétal Gaulois des Baronnies », Saint Paul-3-Châteaux, 24 pages.

BENOIT, F., 1955 « L’art primitif méditerranéen de la vallée du Rhône »

BERNARD, C., (Docteur – Buis les Baronnies) :

  • 1984« La Station préhistorique de Barret de Lioure et l’étude de Cécile Dieudonné » inBulletin des Amis du Buis et des Baronnies n° 48, pp. 13-17.
  • 1957« Fouilles préhistoriques à Barret de Lioure » inAlpes de Lumières n° 10 pp. 23-25.
  • 1955« Une station néolithique au Moulin de Barret »Bulletin de la Société d’Archéologie et de Statistiques de La Drôme n° 73 pp. 77-78.

 CATELAN Louis et Auguste :

  • 1922 « Grotte de Levant de Leaunier à Malaucène. Continuation des fouilles » Association Française pour l’Avancement des Sciences. Congrès de Montpellier pp. 490-492.
  • 1920 « Grotte de Levant de Leaunier à Malaucène, Vaucluse » Association Française pour l’Avancement des Sciences. Congrés de Strasbourg pp. 425-431.
  • 1914 « Cimetière énéolithique de Perpétairi à Mollans (Drôme) » Association Française pour l’Avancement des Sciences. Congrès du Havre pp. 673-676.

CHAUVIERE, F.X., 2011 « Industrie et parures sur matières dures d’origine animale de Brantes-Cimetière (Vaucluse-France) » 3 pagesin Projet de rapport fouille de sauvetage du site du Cimetière à Brantes (Vaucluse), Rapport SRA région PACA.

COGOLUÉNHES, A., et DIEUDONNÉ, C., 1986 « L’enfant du Barret de Lioure. Étude anthropologique »Nouvelles Archives du Muséum d’Histoire Naturelle de Lyon, fasc 24, pp. 35-36.

COURTIN, J., 1961« La sépulture chalcolithique de Perpétairi à Mollans », Gallia Préhistoire Vol. 4 n° 1 pp. 192-205

CRÉGUT-BONNOURE, E., et al, 2011 « Nouvelles données sur les sites pléistocènes et holocènes à Ursus Arctos de Vaucluse (Sud-est de la France) » inBulletin du Quaternaire hors-série n°4, pp. 147-183.

CRÉGUT-BONNOURE, E., 2005 « Les cavités karstiques du Mont Ventoux – Vaucluse- France » inExtrait du Bulletin de la Société d’Histoire Naturelle de Toulouse Midi-pyrénées » T 141-1-2005 pp. 5-18.

GAGNIERE, S., 1961 « À propos du moule découvert dans la grotte de Levant de Leaunier » inBulletin de la société Préhistorique Française, Tome 58, n° 5-6, pp. 268-308.

GAGNIERE, S., 1953 « Les recherches préhistoriques dans la XIIecirconscription » inProvence historique, Tome 3, fascicule 11, pp. 76-78

GALLICIAN, A., 1978 « Atlas Préhistorique du Midi méditerranéen. Feuille de Nyons »Edition CNRS.

HAMEAU, Ph., 1992 « Trois nouveaux jalons de l’art post-glaciaire entre Provence et Dauphiné » in Bulletin de la société Préhistorique Française, volume 89, n° 5. « La Grotte de Levant de Leaunier (Malaucène) » pp. 144-145.

 PAHIN-PEYTAVY, A.C., et MATHIEU, E., 1991 « La sépulture épicardiale de Barret de Lioure (Drôme) » in Bulletin de la Société Préhistorique Française, Tomme 88-3, pp.91-95.

 PAHIN, A.C., 1986 « Culture et milieu des premiers paysans de la moyenne vallée du Rhône. Barret de Lioure « Le Moulin » » (Drôme) » pp. 34-38 Actes des rencontres : néolithique de Rhône-Alpes, 1, 1986. – Valence.

ROSSELO (M. et Mme) : 1961 « Les hypogées de Mollans Drôme »inCahiers rhodaniens n° 8 pp. 3-22.

 VALLENTIN du CHEYLARD Roger 1888 « Une Station Magdalénienne à Montbrun » inExtrait du Bulletin d’Archéologie et de Statistique de la Drôme. Tome 22 pp. 96-100.

 ARCHIVES

 ARCHIVES DU BUIS : Fonds des Archives de Buis les Baronnies.

 ARCHIVES CATELAN : CD Rom du Garde-notes Baronniard. Fonds Arlaud 2000 et 2001. Archives communales de Buis les Baronnies.

SOURCES DOCUMENTAIRES

 ANDRÉ, P., et al., 2017 (Dir. LABRIFFE, P-A., (de) « Mines et carrières néolithiques de silex en Vaucluse »Rapport de prospections 2017, 90 pages. Document SRA Région PACA.

ANDRÉ, P., et al., 2016 (Dir. LABRIFFE, P-A., (de) « Mines et carrières de silex au Néolithique dans le Vaucluse »Rapport de prospections 2016. Proposition de programmation 2017, 93 pages. Document SRA Région PACA.

 ANDRÉ, P., et al 2012 « Abri Grangeon (Commine de Malaucène). Opération de tamisage des déblais et fouille de l’Abri Grangeon »Document SRA Région PACA, 38pages.

ANDRÉ, P., 2007 « Mémoires Préhistoriques dans la Haute Vallée du Toulourenc »Rapport SRA Région Rhône-Alpes, 23 pages.

ANDRÉ, P., et GIRARD, Y., 2005 « Déclaration de découverte fortuite d’un gisement archéologique à Mollans (Drôme) »Contribution Évelyne Crégut-Bonnoure. Document Service Régional de l’Archéologie Région Rhône-Alpes, 16 pages.

BARRAU, J., 1972-1973 « Le site épipaléolithique de Brantes, Vaucluse »Rapport de fouilles première et deuxième campagne, 36 pages. Document SRA Région PACA.

BROCHIER, J.L et ANDRÉ, P., 2010 « Brantes-Cimetière/Abri du cimetière » inBulletin Scientifique Régional, page 213.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La cuvette de Veaux et la grande combe

Les petits secrets de la cuvette de Veaux
La petite cuvette de Veaux a révélé plusieurs sites préhistoriques de plein air ou en abris sous roche. La Préhistoire Récente et, plus particulièrement, le Néolithique Moyen (Chasséen méridional) y est connu de longue date sur les deux rives du Toulourenc. Des prospections menées depuis plusieurs décennies ont permis de localiser des sites, ateliers et/ou habitats tels que : la Peyrière, la Fouzaraille, le Vallon de la Borie, Petit Vau, les Vignes de Veaux etc.

Mais, durant les millénaires suivants, cette modeste cuvette va être sujette à bien d’autres présences humaines qui toutes vont nous laisser de fugitives traces de leurs occupations dont nous essaierons de lever quelques voiles.

Dans les plis cachés de La Grande Combe
Très peu fréquentée, à l’écart des GR, il faut vouloir s’enfoncer, par une piste à peine marquée, aux pieds de la crête de la Grand Combe pour y découvrir que les Hommes de tout temps ont œuvré en ces lieux retirés.

Mais, au-delà de ces stigmates encore bien visibles, cette piste nous conte d’autres histoires que la mémoire populaire nous a transmis de proche en proche.

En descendant l’Ouvèze… En remontant le temps

Dans son moyen cours, la rivière Ouvèze offre un débouché, via le ruisseau du Toulourenc, sur l’énorme gisement de silex des combes de Veaux sur les communes de Malaucène et Mollans-sur-Ouvèze.

Celui-ci a joué le rôle d’aimant, attirant et fixant le long de cette rivière et de ses affluents, les groupes humains de toutes les grandes périodes préhistoriques.

Ces populations préhistoriques ont fréquenté sinon occupé tous les espaces de cette zone géographique ; sites archéologiques à statut reconnu, implantés sur des terroirs variés : gisements en plein air, en plaine, perchés ou en pied de col, en grottes ou en abris sous roche. Ces témoignages constituent la trame du patrimoine archéo-préhistorique du moyen cours de cette rivière.

Dans ce même terroir, le passage à la métallurgie, avec dans le premier temps, de probables  extractions locales de minerai de malachite (cuivre), vont donner au forgeron, nouveau spécialiste, un statut original. Celui-ci va s’amplifier avec la découverte de l’alliage cuivre/étain (bronze) nous laissant, dans le périmètre de la confluence Ouvèze/Derbous, de remarquables témoins archéologiques.

 Les grottes des Ayguiers à Mollans/Ouvèze

Mémoires préhistoriques de la Méouge

La rivière Méouge structure avec la rivière Ouvèze un double entonnoir en dos à dos qui s’impose comme une voie de communication naturelle, un trait d’union majeur entre les Alpes du Sud, de la Durance à la moyenne vallée du Rhône, un « Chemin des Peuples » selon A. Catelan (1923).

    

 

 

BIBLIOGRAPHIE

CATELAN, L., et A., 1923 « L’entonnoir des Bas-Voconces – Chemin des Peuples »
in Bulletin de la Société d’Archéologie de la Drôme Tome LVII pp. 3-12 avec une carteCHAFFENET, A., et G., 1983 « La vallée de la Méouge aux temps préhistoriques »
in Le Luminaïre n° 1 pp. 16-21

CHAFFENET, A., et G., 1996 « Une occupation du territoire à Eygalayes à la période néolithique » in Le Luminaïre n° 13 pp. 45-46

CHAFFENET, A., et G., 2006 « Un habitat préhistorique à Mévouillon, il y a plus de 5.000 ans » in Le luminaïre n° 23, pp. 5-10

MATHIEU, E., et PAHIN-PEYTAVY, A.C., 1991 « La sépulture épicardiale de Barret de Lioure (Drôme) » in Bulletin de la Société Préhistorique de France Tome 88 n° 3, pp. 91-95

PAHIN, A.C., 1986 « Culture et milieu des premiers paysans de la moyenne vallée du Rhône.
Barret de Lioure « Le Moulin » » (Drôme) » pp. 34-38 Actes des rencontres : néolithique de Rhône-Alpes, 1, 1986. – ValencePLAT, P., 1912 « Enceinte préhistorique à Ballons – Vallée de la Méouge » in Bulletin SPF – année 1912 – Volume 9 – numéro 6, pp 374-375
PLAT, P., 1929 « Fouille d’une grotte à Eourres (Hautes-Alpes) » pp.325-329 in Bulletin de la Société d’Études des Hautes Alpes
SOURCES DOCUMENTAIRES

DAUMAS, J.C et LAUDET, R., 1990 « Déclaration de découverte fortuite d’un site archéologique à Ballons (26) », Rapport SRA Région Rhône Alpes, 6 pages, inédit

DAUMAS, R., et al, 1991 « Tresclard- Ballons (26) Sondage archéologique. Travaux de tamisage sur le chemin » Rapport SRA Rhône-Alpes, 14 pages

DAUMAS, J.C et LAUDET, R., 1993 « Plateau de Tresclard, Ballons (Drôme), sauvetage archéologique », 34 pages, inédit
DAUMAS, J.C et LAUDET, R., 1993 « Le site de Tresclard à Ballons – Drôme » in Bulletin Scientifique Régional, Région Rhône Alpes, pp. 71-72

PAHIN, A.C., 1988 « Compte-rendu de la fouille de sauvetage – Barret de Lioure « Le Moulin » Rapport SRA Région PACA, 12 pages

POMERO, C†., 1991 « Tresclard – Ballons (26), sondage archéologique : travaux de tamisage sur un chemin » 11 pages, inédit

POMERO, C†., 1991 « Tresclard – Ballons (26) » in Bulletin Scientifique Régional, Région Rhône Alpes, page 45

RAYNAUD, K., 2011 « Vers-sur-Méouge (Drôme), Prospection inventaire diachronique” Rapport S.R.A. Région Rhône-Alpes, 80 pages, 28 figures, 23 fiches.

Les arbres témoins

Quelques arbres remarquables des Baronnies

Ils nichent au fond des ravins, au pied des barres rocheuses ou élancent leurs flèches du sommet de plateaux isolés. Ils sont les hôtes de milliers d’animaux, protègent de leur ombrage et nourrissent de leurs fruits. Comme la pierre, ils sont indissociables de l’Homme, de son habitat, de ses outils, du feu.

Ils témoignent du temps, de l’histoire, des évènements.

Autrefois… sur le flanc nord du Ventoux.

Le Quercus pubescens ou chêne pubescent

À l’opposé du chêne vert[1] à feuilles coriaces et persistantes qui occupe les sols maigres ou les drailles, le chêne pubescent à feuilles caduques pousse sur des terres plus profondes.
Il est l’arbre culte par excellence. Les Romains l’associaient à Jupiter, le Père et Maître des Dieux, les druides gaulois y cueillaient le gui, Saint Louis rendait la justice sous son ombrage. Il est le symbole de force, de résistance, de longévité ; ses feuilles servant de modèle ornemental aux képis et parements de manches ou de cols des uniformes militaires.
Son bois dur donnera du labeur aux charrons, aux tonneliers, aux charpentiers, aux charbonniers. Il servira aussi à l’édification des flottes royales. De très nombreux chênes de la vallée du Toulourenc seront abattus et rejoindront ainsi le port militaire de Toulon.

Aujourd’hui, en limite des communes de Reilhanette et de Savoillans, dans le ravin de Briançon, un superbe spécimen s’élève, imposant et majestueux, comme planté là depuis la nuit des temps. Il affiche près de 9 mètres de circonférence malgré un tronc creux qui ouvre son fût de haut en bas ; creux qui aurait « servi d’abri à quelques outils agricoles » d’après le souvenir de M. Louis Thibaud.

Un tel sujet éveille bien des questions et en premier lieu celle de son âge.  Selon le représentant ONF responsable du secteur :
                     « Il est difficile de le fixer scientifiquement.  Il faudrait l’abattre pour lire ses cernes, le carottage ne permet pas de formaliser un verdict suffisant. »
Certes, on aimerait le savoir millénaire, histoire d’embellir son panache, mais…
« la longévité du Quercus pubescens est généralement reconnue pour 5 à 600 ans au plus ; c’est le plus gros que je connaisse dans la région…il y en a encore quelques-uns. »

La deuxième question qui vient à l’esprit est de savoir comment de tels arbres ne furent pas la proie des scies ou des tronçonneuses.
« Bien souvent ils fixaient la limite de propriétés, alors on les laissait comme témoins. Souvent ce sont de forts producteurs de fruits, la glandée pour les cochons ou bien encore ils servaient de chômé pour les troupeaux. Les anciens agriculteurs y faisaient aussi la ramée quand le foin venait à manquer » ajoute mon interlocuteur.

À bien y chercher, ce gros chêne n’est pas le dernier. Non loin de là, sur le plateau calcaire au lieu dit de  Mercuès  commune de Montbrun les Bains, pousse un autre exemplaire qui développe un tour de taille de seulement 5,4 mètres ; mais il déploie des racines aériennes qui lui confèrent un aspect fort impressionnant. À Somecure, à quelques pas de la source de l’Ouvèze, un autre Quercus pubescens se distingue également. Sous le Rocher de l’Aiguille au Buis un spécimen équilibriste s’accroche aux flancs d’un ravin et résiste, « littéralement suspendu dans le vide, il se redresse naturellement en formant une crosse à sa base.[2] » Sur la commune de St Léger du Ventoux, au lieu dit de la  Barbette, deux autres, énormes mais hélas morts, élancent leurs bras décharnés comme pour implorer les cieux. Enfin, à Brantes dans le petit vallon de Comment, le long du ruisseau du Sénaris, quelques spécimens oubliés des forestiers défient le temps.

[1] On l’appelle aussi « yeuse » et de son nom latin ilex qui est la dénomination botanique du houx, dont les feuilles ressemblent fort à celle du chêne vert

[2] Voir panneau ONF du sentier botanique.

MONTBRUN les BAINS Mercuès

MONTBRUN les BAINS Mercuès

REILHANETTE Ravin de Briançon

REILHANETTE Ravin de Briançon

REILHANETTE Ravin de Briançon


St Leger du ventoux La Barbette

Ces chênes certes sont remarquables… mais d’autres arbres, qui ne payent pas de mine, comme les cades, sont beaucoup plus vieux » argumente l’agent ONF.

Le genévrier

Le Juniperus oxycedrus, dénommé aussi Cade ou Petit cèdre, est probablement une des premières plantes à avoir été exploitée par l’Homme dès la Préhistoire. Ses qualités antiseptiques, purificatrices, toniques, diurétiques et bien d’autres sont abondamment reconnues dans l’Antiquité. On dit qu’Hippocrate aurait combattu la peste à Athènes avec des fumigations de genévrier. Les Romains en tiraient une boisson dont ils raffolaient. Au Moyen-âge il symbolisait la force vitale ; les Germains le considéraient comme une plante sacrée. Il fut universellement utilisé contre la sorcellerie, pour chasser les démons ou les mauvais esprits. Au XIXe siècle, ses baies étaient brûlées dans les hôpitaux de France pour se prémunir des épidémies. L’extraction de l’huile de cade, l’onguent, à partir de son bois, est aussi connue des bergers pour usages vétérinaires.

C’est à Piegon qu’il faut se rendre, à la chapelle de Notre Dame de Cadenet et son cimetière.  Sur ce site perché, entre Aygues et Ouvèze s’élèvent de monumentaux genévriers – Juniperus oxycedrus.

Le plus grand, en bordure de la route sous la chapelle, affiche une ramure étalée sur 8 m maximum portée par un tronc court et dégagé d’environ 6 m de haut et, un tour de taille de 1,90 m pris à 1 m du sol.

En montant à Aurel depuis Montbrun les Bains, un second spécimen résiste sur un petit plateau rocheux mais hélas, ses branches furent amputées par la scie, sa ramure portée à 4,5 m de hauteur, sur un fût de 2,10 m de diamètre, ainsi sacrifiée.

Pour certains auteurs, ces cades seraient de dimensions exceptionnelles, au dessus de la moyenne, leurs âges estimés à 8 ou 9 siècles :

                           « 800 ans, ce n’est pas étonnant, ils peuvent vivre encore pendant des siècles » précise l’agent ONF, « seul le genévrier thurifère ou l’olivier peuvent supplanter le l’oxycedrus en longévité » … alors affaire à suivre !

REILHANETTE Combe d’Aurel

REILHANETTE Combe d’Aurel

PIEGON Notre Dame de Cadenet

PIEGON Notre Dame de Cadenet

PIEGON Notre Dame de Cadenet

PIEGON Notre Dame de Cadenet

PIEGON Notre Dame de Cadenet